Le Lemanic Modern Ensemble par-delà les frontières

Sabine Pellisson

MUSIQUE I Le collectif de musiciens professionnels basé à Annemasse fête ses 10 ans

Au départ, en 2007, un ensemble de musiciens professionnels qui voit le jour sous l’impulsion de Jean-Marc Daviet et de Jean-Marie Paraire. On ne parle pas encore de Lemanic Modern Ensemble, mais de Namascae (le nom antique d’Annemasse). La spécialité : la musique moderne et contemporaine. Autre spécificité : le groupe est composé de 18 à 20 musiciens de 35 à 40 ans, issus du Grand Genève. Ils ont, pour la plupart, effectué leurs études à la Haute École de musique de Genève ou de Lausanne. Ils sont aussi professeurs dans leurs instruments dans des conservatoires, et en particulier celui d’Annemasse. Cette saison, le groupe va passer le cap des 10 années d’existence. Son socle est solide et il s’est constitué autour d’un désir commun, jouer un répertoire moderne et contemporain. « L’entente est totale », précise le chef William Blank. « Des affinités se sont créées. L’ensemble est pérenne. »

Un lieu qui fédère

Autre avantage : sa base annemassienne, un lieu qui fédère. « On ne parle pas d’argent et de subvention mais plutôt d’un soutien en nature. C’est important d’avoir des infrastructures, un auditorium pour répéter et des instruments à disposition (un Steinway à queue par exemple). Tout cela fait que le groupe reste, s’épanouit, se sent bien », rajoute le chef d’orchestre. « C’est un lieu de production mais aussi d’émulation pour les jeunes du conservatoire annemassien, qui viennent assister aux répétitions, aux concerts. » Enfin, il y a deux saisons pour s’émanciper et jouer sa musique par-delà les frontières, le collectif est devenu le Lemanic Modern Ensemble. Au départ il y a eu Namascae. Un nom lié à Annemasse et à la France. Mais côté Suisse, les partenaires ne comprenaient pas ce nom, cette identité difficile à identifier. « On est alors devenu le Namascae Lemanic Modern Ensemble. Trop long… Le nom du Lemanic Modern Ensemble s’est imposé. Un nom transfrontalier, lié au Grand Genève et à l’arc lémanique », explique William Blank. Le Lemanic multiplie les projets, en France, en Suisse et des sorties en Chine, en Russie, etc. Un développement à l’international inévitable.

William Blank à la baguette

Il est le chef du groupe depuis le début de l’aventure en 2007. William Blank est un peu le papa du Lemanic Modern. « Parmi tous ces jeunes, je suis le plus vieux », plaisante-t-il. À presque 60 ans, le compositeur et chef d’orchestre suisse tient toujours cet ensemble à la baguette. William Blank a étudié le piano puis la percussion et s’est perfectionné au conservatoire de musique de Genève où il termine des études (il sera diplômé en 1979). Actuellement, il enseigne aussi à la Haute École de musique de Lausanne. Depuis sa création la formation du Lemanic s’est agrandie. « Il y a encore 5 ou 6 musiciens qui étaient là au départ de l’aventure. » Il loue les qualités de créativité et de curiosité de ces musiciens, qui sont entre 18 et 20. « Le son est magnifique. Je côtoie le top niveau technique. Chaque musicien est exceptionnel dans son instrument. Et leur jeunesse fait aussi leur enthousiasme. » Après 10 ans, va-t-il prendre un peu de recul ? « Non. Ce groupe vit en pleine entente avec un projet et un désir commun. J’y suis bien. »

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