Luca Francesconi

Compositeur italien né à Milan en 1956, Luca Francesconi étudie le piano et la composition dans la classe d’Azio Corghi au conservatoire de Milan. Il se perfectionne à Boston et à Rome auprès de Karlheinz Stockhausen et de Luciano Berio dont il est l’assistant de 1981 à 1984 et qu’il suit à Tanglewood. Il est lauréat du concours international Gaudeamus en 1984 et de la New Music Composer’s Competition à New York en 1987.

Il est l’auteur de très nombreux opus, du solo au grand orchestre et de l’opéra au multimédia, commandées fréquemment par de grandes institutions et radios internationales. Son intérêt pour le jazz, les musiques de scène, le cinéma et la télévision, mais aussi pour les systèmes analogiques, digitaux et informatiques de la musique électronique témoigne de l’éclectisme de son inspiration. Il fonde son studio de recherche électroacoustique en 1975 puis, en 1990, à Milan, l’institut AGON, centre de recherche et de composition assistée par ordinateur qu’il dirige jusqu’en 2006.

Professeur invité au conservatoire de Rotterdam en 1990-1991 et régulièrement sollicité pour des master classes en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, il enseigne la composition pendant vingt-cinq ans dans différents conservatoires italiens. Actuellement, il est directeur du département de composition au Musikhögskolan de Malmö en Suède.

Il collabore régulièrement avec les plus grands musiciens et orchestres internationaux et se produit également comme chef d’orchestre. Il est nommé directeur du festival international de musique de la Biennale de Venise pour quatre ans, de 2008 à 2012 et consultant artistique en 2011, puis directeur en 2012 du festival Ultima d’Oslo. En 2013, il est compositeur en résidence à la Casa Música à Porto.

Il compose plusieurs œuvres pour voix et ensemble avec traitement électronique comme Etymo (1994) et Etymo II (2005), Sirènes, créé en 2009 au festival Agora, de nombreux concertos, dont Kubrick’s Bone, pour cymbalum et orchestre créé en janvier 2007 en Belgique, Hard Pace, concerto pour trompette créé en 2008 dans le cadre du projet Pollini à Rome, plusieurs quatuors à cordes dédiés au Quatuor Arditti, dont le quatrième I voli di Niccolò est créé en 2005. Des pièces pour grand orchestre, on peut citer Wanderer en 1998-1999, Cobalt, Scarlet en 1999-2000 et des pièces pour instruments solistes, accompagnés ou non par l’électronique, dont les dernières nées Body Electric, pour violon et électronique (2006) et Animus III pour tuba et électronique (2008).

Le catalogue de ses œuvres comprend de nombreux opéras radiophoniques composés pour la Rai, ainsi que des opéras scéniques et des oratorios. Parmi ces pièces, figurent Lips, Eyes, Bang (1998), avec traitement vidéo en temps réel, Buffa opera, pour récitant et orchestre sur un texte de Stefano Benni (2002), Gesualdo Considered as a Murderer, commande du Holland Festival, créé en 2004. En 2010, le théâtre Ponchielli de Crémone voit la création d’un Orphée revisité, Attraverso, pour soprano et ensemble. Pour célébrer les cent-cinquante ans de l’unité de l’Italie, Francesconi reçoit la commande de Terra, oratorio sur un texte de Valeria Parrella, créé en septembre 2011 au Teatro di San Carlo de Naples. En avril 2011, commande de la Scala de Milan, l’opéra Quartett est créé sous la direction de Susanna Mälkki et repris dans un effectif réduit au Festival Wiener Festwochen en mai 2012. En juin 2012, Atopia, oratorio profane d’après des textes de Piero della Francesca et Calderón de la Barca est créé à Madrid. En 2014, Dentro non ha tempo, pour grand orchestre est créé à la Scala de Milan. Bread, Water and Salt, sur un texte de Neson Mandela, est créé en 2015 à Rome sous la direction d’Antonio Pappano. Il reçoit une commande de l’Opéra national de Paris, Trompe-la-Mort, opéra sur un livret du compositeur d’après Honoré de Balzac, est créé en 2017 au Palais Garnier.

Luca Francesconi est récompensé de plusieurs prix, parmi lesquels le Prix Martin Codax et le Prix Guido d’Arezzo en 1985, le Prix Kranichsteiner de Darmstadt en 1990, le Prix Ernst-von-Siemens de Munich en 1994, le Prix Italia pour Ballata del rovescio del mondo en 1994, le Prix Franco Abbiati Critics pour l’Opéra Quartett en 2011 et le prix de la Royal Philharmonic Society de Londres pour Duende. The Dark Notes en 2015.